NGAMOUNTSIKA Edouard, Josué Euberma DIATEWA
24-Apr-2026
L’épilepsie post-AVC ne constitue pas uniquement une réalité neurologique ; elle s’inscrit également dans un univers linguistique et culturel qui façonne la perception de la maladie et conditionne l’accès aux soins. Dans plusieurs contextes congolais, les mots utilisés pour décrire la crise — qu’ils renvoient à la chute, à l’influence d’esprits, au “mauvais vent” ou à des images de possession — traduisent des représentations ancrées qui influencent la reconnaissance des symptômes et l’adhésion thérapeutique. S’appuyant sur les travaux de Byron Good, Bibeau, Corin et Kleinman, cette communication analyse comment les dénominations locales, les métaphores corporelles et les interprétations spirituelles orientent la compréhension du trouble et peuvent constituer des obstacles lexicaux, pragmatiques et institutionnels dans la relation de soin. Les données issues d’enquêtes menées à Brazzaville et Pointe-Noire montrent que le patient post-AVC adopte souvent un discours où la crise est dépersonnalisée (“on m’a vu tomber”), révélant une distanciation sémiotique qui peut retarder la prise en charge. À l’inverse, la parole du soignant, lorsqu’elle reste strictement biomédicale, se heurte fréquemment à des incompréhensions linguistiques ou culturelles. L’intégration des langues locales et d’une communication empathique apparaît dès lors comme un levier essentiel pour améliorer le parcours de soins. Les expériences menées au Sénégal, au Bénin et dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne soulignent l’intérêt de dispositifs de médiation linguistique, de glossaires bilingues ou de formations croisées entre soignants et spécialistes du langage. En conclusion, les mots de l’épilepsie post-AVC constituent à la fois un indicateur des représentations sociales et un déterminant majeur de l’accès aux soins. Développer une linguistique du soin — fondée sur l’écoute, la traduction culturelle et l’adaptation du discours médical — représente une voie prometteuse pour réduire les obstacles thérapeutiques et renforcer l’alliance patient-soignant dans les contextes neurologiques africains.
Épilepsie Post-Avc, Langage, Obstacles Soins, Linguistique Médicale, Afrique