MAPOURE Yacouba Njankouo
24-Apr-2026
Les crises épileptiques survenant à la phase aiguë des accidents vasculaires cérébraux (AVC) touchent 3 à 10 % des patients et constituent un marqueur important de sévérité neurologique. Elles apparaissent majoritairement dans les 7 premiers jours et sont davantage associées aux AVC hémorragiques, aux lésions corticales étendues et aux perturbations métaboliques précoces. Leur survenue augmente le risque d’œdème, de détérioration neurologique secondaire et de mortalité hospitalière. Le diagnostic repose sur une surveillance clinique rigoureuse, souvent complexe du fait des troubles de conscience, dysphasies ou déficits moteurs. Les crises non convulsives, fréquentes mais discrètes, restent sous-diagnostiquées en l’absence de monitorage EEG continu. Un EEG d’urgence, même de courte durée, améliore significativement la détection des décharges épileptiformes et contribue à identifier les patients à haut risque d’évolution vers l’état de mal. Les patterns EEG de haut risque (LPD, RDA, patterns péri-critiques) sont des marqueurs utiles pour guider la prise en charge. Le traitement doit être précoce et protocolisé. Les benzodiazépines constituent la première ligne, suivies des médicaments anti épileptiques tels que le Levetiracetam ou le valproate, choisis selon les comorbidités du patient. L’état de mal épileptique impose une prise en charge en soins intensifs. La prophylaxie systématique n’est pas recommandée, mais elle peut être envisagée chez les patients présentant des facteurs de très haut risque. En Afrique subsaharienne, les défis sont marqués : accès limité à l’EEG, diagnostics tardifs, disponibilité variable des antiépileptiques injectables et manque de protocoles standardisés. Le renforcement de la filière AVC, l’utilisation d’EEG portables et la formation des équipes constituent des pistes prioritaires.
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